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Le CAL, deux des fédérations de planning familial (FLCPF et FCPF-FPS) et le Groupement des Centres Extra-Hospitaliers Pratiquant l'Avortement (GACEHPA), ont récemment édité un dossier pédagogique et un film consacrés aux 20 ans de la loi dépénalisant partiellement l'avortement, " Le Corps du Délit ". Si la Communauté française, par la voie de sa DG Enseignement, a choisi de contribuer à la diffusion de ce dossier pédagogique et ce, plus particulièrement vis-à-vis des établissements d'enseignement obligatoire, c'est bien entendu dans la perspective de donner aux enseignants un outil se voulant le plus objectif possible sur une disposition légale votée démocratiquement au terme d'un combat mené par la société civile pour modifier une loi datant de… 1867.
Dans l'article du Soir du 16 février, l'auteur identifie le CAL et ses partenaires comme faisant partie d'un monde laïque et progressiste (liberté de conscience, droit des femmes, importance des plannings familiaux, etc.) ce que nous revendiquons bien évidemment. Le problème réside dans le fait que dans la même phrase, il affirme que le CAL et ses partenaires défendent une vision pro-IVG et, ailleurs encore, que notre support pédagogique est pro-avortement, ce qui est faux.
Nous sommes en effet délibérément partisans du droit des femmes à disposer de leur corps, qu'elles choisissent ou non d'avorter. Nous ne sommes donc nullement pro-avortement mais bien pro-choix. Nous ne faisons en outre qu'informer sur un droit reconnu depuis plus de vingt ans, sur l'histoire de son émergence et sur ses modalités d'application.
Nous affirmons en conséquence respecter le cadre strict de l'éducation citoyenne, et ce sans aucune visée de " propagande ".
La circulaire de la Communauté française ne contrevient nullement à l'article 41 du pacte scolaire, qui interdit toute activité ou propagande politique et commerciale. Bien au contraire, le document mis en cause remplit parfaitement le rôle dévolu aux professeurs de délivrer, s'ils l'estiment opportun, un enseignement offrant aux élèves l'information la plus objective leur permettant d'opérer librement des choix le moment venu.
Rappelons que le décret-missions de 1997, fixant les objectifs généraux de l'enseignement obligatoire, tous réseaux confondus, assigne le devoir de " préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d'une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures ". En outre, ce même décret-missions invite les pouvoirs organisateurs à prendre en compte, dans leurs programmes et projets pédagogiques, " la sauvegarde de la mémoire des événements qui aident à comprendre le passé et le présent, dans la perspective d'un attachement personnel et collectif aux idéaux qui fondent la démocratie ". Tel est précisément l'un des objectifs poursuivis par le film et les animations joints au dossier. La circulaire critiquée aujourd'hui est dès lors parfaitement adéquate, surtout, comme le souligne sa signataire Mme Hanse, en l'absence de toute autre initiative en la matière.
Nul n'ignore que l'avortement clandestin était, en Belgique, un véritable fléau de santé publique, causant de très nombreux décès. De nos jours encore, les avortements clandestins et non médicalisés entraînent la mort de 70.000 femmes par an dans le monde. Il ne faut donc pas s'étonner que le CAL continue de défendre et de promouvoir, comme il l'a toujours fait, l'encadrement légal de l'IVG et sa dépénalisation.
Chaque élève a un droit égal à l'information. Ce que semblent refuser les personnes anonymes qui ont dénoncé la circulaire de la DG Enseignement de la Communauté française. La généralisation de l'éducation sexuelle et affective à l'école (EVRA) devrait être une priorité pour les pouvoirs publics et son inscription obligatoire dans le programme scolaire est demandé par les signataires de ce texte.
Pierre GALAND, Président du CAL
Claudine MOUVET, Présidente du GACEPHA
Jean-Jacques AMY, Président de la FLCPF
Anne SPITALS, Présidente de la FCPF-FPS
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