Images et cinéma

 

Film / débat, animation pédagogique le vendredi 1er octobre 2004
Festival International du Film Francophone de Namur du 24 septembre au 1er octobre 2004

Closed District, de Pierre-Yves Vandeweerd

Les films documentaires existent ! Nous pouvons les découvrir en allant à la rencontre des images et des sujets que leurs auteurs proposent.
Cependant les médias audiovisuels leur laissent peu de place, et le film documentaire figure rarement dans la grille de programmation d'une chaîne de télévision. On les découvre alors au détour d'un festival, ou par hasard lors d'une diffusion télévisée incertaine.

Mais au fait, un film documentaire, qu'est ce que c'est ? "C'est un geste, plutôt qu'un genre".
Celui d'un homme ou une femme qui va à la rencontre des autres, tourne et construit un film chemin faisant. De ce geste, le réalisateur crée le film qui documente autrement le spectateur devant l'écran.
Le documentaire informe et questionne autant qu'il suscite les rencontres : celle du réalisateur et de son équipe avec les personnes filmées, ou après montage, celle du film avec les spectateurs, celle du réalisateur avec les spectateurs… Ces rencontres sont parfois limitées par les aléas de la distribution et les lois du commerce mais il y a des lieux et des occasions pour les multiplier.

Au cours de l'édition 2004 du Festival International du Film Francophone de Namur, l'équipe du Centre d'Action Laïque vous propose de découvrir le film Closed District. Le réalisateur Pierre-Yves Vandeweerd, qui sera présent lors de la projection, raconte:

"En 1996, je séjournai dans le village de Mankien, au sud Soudan, pour y filmer la guerre. A l’époque, je pensais que réaliser un film sur une région en prise avec un conflit constituait un acte d’engagement.

Une fois sur place, la réalité m’est apparue différente de ce que j’avais imaginé. La guerre qui se donnait à voir n’était pas seulement une lutte entre un gouvernement oppresseur et des minorités opprimées mais surtout un conflit larvé, régi par des intérêts économique et de pouvoir.

De retour en Belgique, je sombrai dans un sentiment d’impuissance et d’écoeurement, au point de ne jamais monter ces images jusqu’à aujourd’hui.

Il y a peu, j’ai appris que le village de Mankien avait subi un massacre, orchestré par le gouvernement de Khartoum, probablement avec la complicité de sociétés pétrolières occidentales. Je me suis aussi rendu compte que la plupart de ceux et celles que j’avais filmés avaient perdu la vie…

Closed district est non seulement un film sur la guerre au sud Soudan, mais davantage sur les guerres en général, sur la mort et la détresse qui souvent en découlent. Il pose aussi la question de la place du cinéaste dans une situation de conflit."

Pistes de réflexion
- Réaliser un film documentaire, est-ce s’engager ? Le film documentaire constitue-t-il une dénonciation ?
Que penser de cette définition du cinéma documentaire : "un mode de représentation et d'expression rare qui tente de rendre à l'autre –victime ou non– sa sensibilité, son humanité, et partant la nôtre", Laurent Bécue-Renard

- Filmer un autre visage de la guerre, sans formatage télévisuel ; les choix du réalisateur est de prendre le temps d'aller à la rencontre de l'autre pour filmer une réalité : quelle est l'importance du montage ? A quoi invite la voix off ?

- Que dit ce film sur la pratique du documentaire, sur ses possibilités et ses limites ?
Quelles sont les limites de la réalisation ? Quand et pourquoi y a-t-il constat d'échec ?

- Le film documentaire est-il la manifestation de la conscience (d'une conscience singulière) contre l'oubli ? En quoi participe-t-il à la transmission d'une réalité ?
Quelle est la place du spectateur, juge, témoin ?

Des sites à consulter, découvrir :
Gsara
Le Festival Filmer à tout prix

Fiff 2002 -> lire
Fiff 2003 -> lire