Images et cinéma
Film / atelier pédagogique
le
mardi 1er octobre 2002
Festival international du film francophone de Namur du 27septembre au 4
octobre
" A la recherche de soi : les "grandes
manoeuvres" de la téléréalité"
Les sitcoms ne sont pas des chefs d’œuvre
mais les faits sont là, jusqu’à 95 % des 15-24 ans les ont « vus » à la
télévision. On en parle dans les cours de récréation, au café du coin,
en boîte ou en famille et dans les divers lieux de socialisation.
Les jeunes racontent les séries et les aventures sentimentales de leurs
protagonistes, leur écrivent parfois. Enthousiastes ou ironiques,
amateurs « accros » ou critiques avertis communiquent et prennent la
parole à partir de ce qui se joue dans les émissions ou les séries de la
téléréalité.
Au-delà du regard moralisateur de certains
adultes, beaucoup de téléspectateurs sont fascinés par l’exhibition
publique et répétitive de la vie quotidienne, banale et crue, à travers
des « héros » qui leur ressemblent tellement.
Les acteurs de ces émissions sont-ils naturels et sincères ou des
caricatures manipulées par des scénaristes géniaux ? Quelle liberté de
comportement et d’expression ont-ils face aux caméras ?
Est-ce vraiment LA réalité ?
En fait, à peu de frais, les chaînes de télévision ne produisent-elles
pas des programmes juteux pour l’Audimat et les publicitaires qui s’y
collent ?
Interrogeons-nous sur le rôle « normalisateur » de ces séries. En effet,
la téléréalité met en scène les différences, même anodines , elle expose
et surveille l’intimité des « lofteurs », elle banalise des
comportements supposés un peu décalés ou dérangeants, pour aussitôt, par
la médiation de l’image filmée, les réintégrer à la norme sociale.
En fait, ces émissions, pour un temps seulement, tout à la fois
stigmatisent puis gomment les différences !
L’ambiguïté de tels programmes réside dans
cette dualité où, sous prétexte d’égalité et d’intégration, on gomme les
particularismes ; où sous prétexte de réalité, on exhibe « la vie en
conserve » sans risque, sans enfants, sans travail, sans livre, sans
vieux, sans mort…
Néanmoins, le contenu très pauvre de ces séries n’exclut pas des
échanges de vues très riches entre les jeunes : en se projetant
temporairement sur certains protagonistes, ils plongent dans des jeux de
rôles qui leur permettent de dire aux autres ce qu’il feraient dans une
situation identique. C’est aussi le moyen de savoir ce que feraient les
autres copains et peut-être d’affiner sa perception des règles du jeu
social.
Par la confrontation de leurs expériences de vie et des modèles
d’identification, les jeunes participent ainsi à la construction de leur
personnalité.
L’objectif majeur de cette journée
pédagogique est sans doute d’offrir aux jeunes des outils d’analyse des
images et des contenus de programmes. De leur donner les moyens de
décoder ces émissions de téléréalité pour une réelle liberté
d’appréciation des comportements et des choix de vie.
La moitié gauche du frigo, le film de Philippe Falardeau, sera
projeté aux étudiants lors de cette journée.