questions- réponses
sur la loi relative aux droits du patient
Pourquoi une loi
sur les droits du patient ?
La loi relative à l’euthanasie ne porte que sur la demande d’euthanasie
et ne réglemente pas les autres demandes ou droits du patient. Or, si
l’usage et la déontologie médicale reconnaissaient divers droits au
patient, ces droits, en l’absence d’un texte légal, restaient flous et
souvent soumis à l’appréciation subjective du médecin. Par ailleurs, en
respectant certaines demandes du patient, le médecin risquait de se
placer en infraction avec certains textes légaux : c’est ainsi, par
exemple, qu’en acceptant d’arrêter ou de ne pas entreprendre un
traitement vital, il pouvait être accusé de non-assistance à personne en
danger ou de faute professionnelle.
Cette situation est parfois à l’origine d’un « acharnement thérapeutique
».
La loi relative aux droits du patient donne à ces droits une valeur
incontestable. De plus, elle donne la possibilité de rédiger des
directives pour le cas où l’on deviendrait incapable d’exprimer ses
volontés et elle donne la possibilité légale de désigner un mandataire
chargé de représenter le patient si celui-ci n’a plus la possibilité de
s’exprimer ; si le patient n’a pas désigné de mandataire, elle précise
les personnes qui ont le droit de représenter les intérêts du patient.
Enfin, elle institue une fonction de médiation au sein des institutions
hospitalières ainsi qu’au niveau fédéral qui est chargée de recueillir
et de traiter les plaintes des patients en cas de non-respect de leurs
droits.
Il s’agit donc d’un document extrêmement important qui, comme la loi
relative à l’euthanasie, répond à un objectif majeur de l’ADMD.
Quels sont les droits que cette loi reconnaît
au patient ?
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Le droit à un service médical de qualité
●
Le droit au libre choix du médecin
●
Le droit de consentir et le droit de refuser son consentement à toute
intervention médicale
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Le droit de consulter son dossier médical
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Le droit d’être entendu par un médiateur en matière de plainte
●
Le droit d’être représenté par un mandataire pour l’exercice de ces
droits en cas
d’incapacité de s’exprimer.
Le médecin a-t-il l’obligation de respecter les
droits que cette loi reconnaît au patient ?
Oui, dans les limites et conditions prévues.
L’ancien « testament de vie » de l’ADMD
était-il conforme à cette loi ?
L’ancien testament de vie de l’ADMD n’était conforme à cette loi que
très partiellement. Nous l’avons donc adapté : le nouveau « testament de
vie » (appelé « déclaration de volontés relatives au traitement ») ne
couvre plus la demande d’euthanasie puisque celle-ci doit faire l’objet
d’un document séparé. Il permet aussi, comme notre ancien testament, la
demande de non-traitement ou d’interruption des traitements («
non-acharnement thérapeutique »), mais en outre il prévoit la
possibilité de désigner un « mandataire » qui remplace les anciens «
garants » mais avec le droit légal de représenter le patient pour
veiller à ce que ses volontés soient respectées. (Nous avons fait
parvenir à nos membres dans le courant du mois de décembre ce nouveau
texte ainsi que les informations nécessaires pour le remplir).
Quand est-il conseillé d’évoquer avec le
médecin l’existence d’une « déclaration de volontés relatives au
traitement » ?
Comme pour l’euthanasie, il est important d’en parler avec
son médecin le plus tôt possible et de manière très précise. Le fait
d’en avoir parlé et d’avoir obtenu une promesse ferme rassure, même si
l’éventualité de son utilisation ne paraît pas actuelle.
Peut-on exiger d’obtenir du médecin toutes les
informations concernant son état de santé et l’évolution probable de
celui-ci ?
Oui, et on peut même les obtenir par écrit, sauf si la
connaissance de ces informations peut causer un grave préjudice à la
santé. Mais on peut aussi refuser de recevoir ces informations, pour
autant qu’en les ignorant on ne mette pas sa santé gravement en danger.
Ces informations peuvent porter sur les risques des traitements
proposés, les alternatives possibles et les répercussions financières
des traitements.
Peut-on refuser un traitement ?
Oui. Tout traitement doit recevoir l’accord du patient et cet accord
peut être refusé. La loi permet, si le patient ou le médecin le demande,
d’acter ce consentement ou ce refus dans le dossier médical. Cette
mention reste valable jusqu’au moment où le patient la révoque lorsqu’il
est en mesure de le faire.
Peut-on obtenir communication du dossier
médical ?
Oui, sauf pour les annotations personnelles du médecin ou celles qui
concernent des tiers. Le patient peut même exiger, moyennant paiement,
une photocopie du dossier ou d’une partie de celui-ci.
Comment peut-on se plaindre si les droits du
patient n’ont pas été respectés ?
Chaque hôpital ou groupe d’hôpitaux devra disposer d’une
structure de médiation chargée de traiter les plaintes éventuelles. De
plus, un service de médiation fédéral sera créé auprès d’une commission
« Droits du patient ».
Comment sont assurés les droits du patient s’il
est inconscient ?
S’il s’agit d’un patient mineur, ces droits sont assurés par
les parents ou le tuteur. Quant aux patients majeurs, ils peuvent
désigner par un document écrit « un mandataire » chargé d’exercer leurs
droits en leur nom pour le cas où ils deviendraient incapables d’exercer
eux-mêmes ces droits. Si le mandataire n’a pas été désigné ou
n’intervient pas, les droits du patient sont exercés, dans l’ordre de
préférence suivant : l’époux cohabitant ou le cohabitant de fait, un
enfant majeur, un parent, un frère ou une sœur ; à défaut ou s’il y a
conflit entre deux personnes du même rang, c’est le médecin traitant qui
veille aux intérêts du patient.
Si le patient inconscient ou incapable de
s’exprimer valablement a désigné au préalable un mandataire, le médecin
est-il tenu de respecter les demandes de ce mandataire ?
S’il s’agit d’un mandataire nommément désigné, le médecin doit suivre
son avis si ce mandataire peut démontrer que telle était la volonté
expresse du patient. Dans le cas contraire ou s’il n’y a pas eu de
mandataire désigné, le médecin peut déroger à l’avis exprimé s’il estime
que cet avis peut constituer une atteinte grave à la santé du patient.
La possibilité de désigner un mandataire est donc une clause importante
de la loi.
Quels conseils l’ADMD donne-t-elle à ses
membres pour s’assurer que leurs droits, en cas d’incapacité d’exprimer
leurs volontés, seront respectés ?
De toute façon, il est conseillé de signer la « déclaration de volontés
relatives au traitement » proposée par l’ADMD (qui correspond à l’ancien
« testament de vie », sauf en ce qui concerne la demande d’euthanasie
qui fait l’objet d’une déclaration anticipée spécifique). Elle permet
d’indiquer d’une manière générale les interventions médicales que l’on
refuse ou que l’on souhaite si on se trouve dans une situation de
déchéance extrême et irréversible et incapable de s’exprimer. Comme
signalé ci-dessus, une clause très importante est celle qui concerne la
désignation d’un mandataire chargé de faire respecter ces volontés et
aussi, d’une manière générale, tous les droits du patient définis par la
loi. Il est donc impératif que ce mandataire ait la confiance pleine et
entière de celui qui le désigne. A noter qu’il n’y a aucune restriction
au choix de ce mandataire qui peut donc être le conjoint, un membre de
la famille, un parent ou ami, un médecin, etc. Bien entendu, cette
désignation n’est pas obligatoire.
Par ailleurs, si on est en traitement pour une affection définie grave
(ou si, dans l’avenir, on est atteint d’une telle affection) et qu’on
refuse certains traitements spécifiques ou certaines interventions, il
est en outre conseillé, après en avoir discuté avec le médecin traitant
et après mûre réflexion, de demander que ce refus soit acté dans le
dossier médical pour le cas où on perdrait la possibilité de s’exprimer.
Dans ce cas, il faut évidemment en avertir le mandataire qu’on a désigné
dans sa déclaration de volontés relatives au traitement.
Nous rappelons que la déclaration de
volontés relatives au traitement ne porte pas sur la demande
d’euthanasie qui doit être faite sur un document distinct.